Ecoutes des communications étrangères par la DGSE, suite

"Pensez-vous qu'il soit utile de donner des moyens légaux aux services de la DGSE pour l'écoute de certaines communications qui transitent entre la France et l'étranger ?"

Intéressante question posée par Gérard dans son blog.

Utile : indéniablement oui

  -  la topologie d'Internet assouplissant la notion de France/étranger, cette écoute peut aussi bien englober certains flux France.

  -  les accords "Lustre" révélés par Edward Snowden indiquent que la France rejoindrait les "Five Eyes" du programme Echelon (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle Zélande) pour des échanges d'information. Or La France dispose à la fois d'une position géographique unique pour le raccordement du continent africain à Internet (seul continent aujourd'hui à ne pas être en connexion directe avec les États-Unis) et d'une expertise technique dans l'écoute des fibres.

  -  il semble sain que des pratiques déjà en usage (cf propos de Nicole Bricq sur TV5Monde du 27 octobre 2013) soient intégrées dans un cadre juridique.

Utile mais néanmoins dangereux.

Continuer à enrichir l'arsenal d'outils juridiques légalisant la surveillance n'est pas sans risque. La minimisation de l'effort parlementaire à fournir pour un gouvernement qui n'aurait qu'une notion relative de la démocratie et décidé à mettre en place une surveillance légale de tout individu devient inquiétante.

Dit autrement : il devient de plus en plus facile de "fliquer" tout un chacun sans avoir à modifier les lois.

 

Jacques Baudron, secrétaire adjoint Forum Atena